Copenhague se prête parfaitement à un séjour de quelques jours : les distances sont courtes, les quartiers ont chacun une vraie personnalité et l’eau reste toujours proche. Capitale du Danemark d’environ 650 000 habitants (près de 1,4 million avec son agglomération), c’est une ville à taille humaine, plate et cyclable, née au XIIe siècle d’un simple port de marchands — son nom, København, signifie d’ailleurs « le port des marchands ». Voici un itinéraire de quatre jours qui associe patrimoine royal, design danois, canaux et vie de quartier.
Le programme des quatre jours
- Jour 1 : Nyhavn, Amalienborg, Kastellet et la Petite Sirène.
- Jour 2 : Indre By — Strøget, la Tour ronde, Rosenborg et les joyaux de la Couronne.
- Jour 3 : Slotsholmen et Christiansborg, le Musée national, puis Tivoli.
- Jour 4 : Christianshavn, les canaux, Christiania et les food trucks.
Mon conseil : la marche et le vélo sont les deux plus belles façons de découvrir Copenhague. La ville compte plus de pistes cyclables que de routes ; louer un vélo une demi-journée change complètement le rythme du séjour — en respectant les couloirs, très fréquentés et prioritaires.
Jour 1 : Nyhavn, palais royal et port historique
Commencez par Nyhavn, le canal aux maisons colorées devenu l’image la plus célèbre de Copenhague. Ce port fut creusé entre 1670 et 1673 sous le roi Christian V, en partie par des prisonniers de guerre suédois, pour relier le centre à la mer. Hans Christian Andersen y a vécu à plusieurs adresses (aux numéros 18, 20 et 67). Arrivez tôt pour profiter des quais avant l’affluence, puis longez l’eau vers Amalienborg, résidence de la famille royale.
Le palais d’Amalienborg n’est pas un château unique mais un ensemble de quatre hôtels rococo identiques disposés autour d’une place octogonale, dessinés au milieu du XVIIIe siècle par l’architecte Nicolai Eigtved. La famille royale s’y est installée après l’incendie du château de Christiansborg, en 1794. Au centre trône la statue équestre de Frederik V ; si vous êtes là à midi, assistez à la relève de la garde royale (Den Kongelige Livgarde). Depuis la place, admirez l’église de Marbre (Frederikskirken), commencée en 1749 mais achevée seulement en 1894, dont l’immense dôme — l’un des plus grands de Scandinavie — domine le quartier.
Continuez par Kastellet, forteresse en étoile des années 1660 remarquablement préservée, l’une des mieux conservées d’Europe du Nord, puis rejoignez la Petite Sirène. Cette statue modeste, sculptée par Edvard Eriksen et inaugurée en 1913 à la demande du brasseur Carl Jacobsen (fondateur de Carlsberg), s’inspire du conte d’Andersen ; elle est surtout un prétexte à une belle balade le long du port. En fin de journée, revenez vers Nyhavn ou les quais de Christianshavn pour un dîner et une première immersion dans la douceur de vivre danoise.
Petit zoom historique : Copenhague est née d’un village de pêcheurs que l’évêque Absalon fortifia vers 1167 — date retenue comme sa fondation. Sa position sur le détroit de l’Øresund, entre la Baltique et la mer du Nord, en fit vite un port de commerce prospère, puis la capitale du Danemark au XVe siècle. D’où son nom : « Køn » (marchand) + « havn » (port).
Jour 2 : le centre ancien, la Tour ronde et les joyaux de la Couronne
Consacrez la matinée à Indre By, le centre historique. Parcourez Strøget, l’une des plus longues rues piétonnes d’Europe, sans oublier ses rues latérales plus tranquilles et ses places animées. La Tour ronde (Rundetaarn), édifiée entre 1637 et 1642 sous le roi bâtisseur Christian IV, offre un panorama accessible sans une seule marche grâce à sa rampe hélicoïdale ; elle abrite le plus ancien observatoire astronomique encore en fonction d’Europe.
Bon plan — le rooftop d’Illum : au dernier étage du grand magasin Illum, sur Amagertorv (l’une des places les plus connues de Strøget, avec sa fontaine aux cigognes), une terrasse-food hall est ouverte à tous, sans obligation d’achat. On y a une jolie vue sur les toits du vieux Copenhague, des plaids sont fournis quand il fait frais, et un café y sert de quoi se réchauffer en fin d’après-midi — parfait pour une pause après le shopping. Alternative toute proche : le rooftop du grand magasin Magasin du Nord, sur la grande place de Kongens Nytorv.
Rejoignez ensuite le château de Rosenborg, un peu excentré, au milieu du King’s Garden (Kongens Have), le plus ancien jardin royal de la ville. Ce petit château de style Renaissance hollandaise fut construit par Christian IV entre 1606 et 1633 comme résidence d’été. Il abrite aujourd’hui les joyaux de la Couronne et les regalia du royaume : couronnes, sceptre et globe sont conservés dans le trésor, en sous-sol — l’un des clous de tout séjour à Copenhague. Selon le temps disponible, ajoutez Torvehallerne pour une pause gourmande, ou le Designmuseum Danmark pour replacer les grands noms du design scandinave dans leur contexte.
Jour 3 : Slotsholmen, le pouvoir, le Musée national et Tivoli
Cap sur l’îlot de Slotsholmen, berceau de la ville et siège du pouvoir depuis plus de huit siècles. Le palais de Christiansborg, dans sa version actuelle bâtie entre 1907 et 1928 (la troisième sur ce site après deux incendies), est un cas unique : il accueille à la fois le Parlement danois (Folketinget), la Cour suprême et les bureaux du Premier ministre. On peut visiter les salons d’apparat royaux, les ruines des châteaux médiévaux mises au jour sous le bâtiment, et surtout monter — gratuitement — à la Tour, la plus haute de Copenhague, pour une vue à 360° sur la ville.
Tout près, le Musée national du Danemark (Nationalmuseet) raconte l’histoire du pays de la préhistoire à nos jours. Ses collections vikings sont exceptionnelles — on y voit notamment le char solaire de Trundholm, en bronze, et la « jeune fille d’Egtved » de l’âge du bronze. L’entrée du musée est gratuite, et il constitue une excellente introduction à toute la Scandinavie ancienne.
Tivoli, en fin de journée : à deux pas de la gare centrale et de la place de l’Hôtel-de-Ville, les jardins de Tivoli comptent parmi les plus anciens parcs d’attractions du monde. Ouverts en 1843, leurs allées fleuries, lanternes et manèges rétro auraient inspiré Walt Disney lors de ses visites. Une belle option pour terminer la journée quand le parc s’illumine — surtout en été et pendant les fêtes.
Jour 4 : Christianshavn, canaux, Christiania et food trucks
Le dernier jour commence à Christianshavn, quartier de canaux et de maisons étroites voulu par Christian IV au début du XVIIe siècle, sur le modèle des villes marchandes hollandaises. L’église Notre-Sauveur (Vor Frelsers Kirke) est célèbre pour son clocher extérieur en spirale de 1752 : la montée des quelque 400 marches, dont les dernières à l’air libre, récompense d’un panorama unique — une belle option si vous êtes à l’aise avec la hauteur. Une promenade en bateau dans les canaux permet aussi de voir autrement le centre, l’Opéra et les anciens docks.
Poursuivez vers Christiania avec une attitude respectueuse. Fondée en 1971 par des occupants d’une ancienne caserne militaire, cette « ville libre » autonome vit selon ses propres règles et compte environ un millier d’habitants. Certaines zones ne se photographient pas : renseignez-vous à l’entrée et respectez les consignes affichées.
Christiania change de visage : en avril 2024, à la suite de plusieurs fusillades liées au trafic, les habitants eux-mêmes ont dépavé la fameuse « Pusher Street », l’artère où le cannabis se vendait à ciel ouvert depuis un demi-siècle, pour tenter de rompre avec cette économie et retrouver un quartier apaisé. Christiania reste avant tout une communauté alternative, artistique et verte, qui se découvre à pied, entre ateliers, cafés et maisons autoconstruites.
Pour le déjeuner ou l’apéritif, mettez le cap sur les food trucks de Reffen, sur l’île de Refshaleøen, à l’emplacement d’anciens chantiers navals : c’est le grand marché de street food de Copenhague, une enfilade de conteneurs et de camions cuisine tournés vers le durable, face à l’eau. Terminez par Vesterbro et son Meatpacking District (Kødbyen), ancien secteur des abattoirs devenu un haut lieu de la restauration et de la fête ; pour une ambiance plus résidentielle, Nørrebro est une excellente alternative, notamment autour du parc Superkilen et de ses cafés.
Conseils pratiques pour quatre jours à Copenhague
- Marche et vélo sont les moyens les plus agréables de découvrir la ville ; respectez les pistes cyclables, très fréquentées.
- Regroupez Nyhavn, Amalienborg, Kastellet et la Petite Sirène le même jour : tout s’enchaîne à pied le long du port.
- Comparez la Copenhagen Card selon les musées et transports prévus ; plusieurs grands sites (Musée national, notamment) sont déjà gratuits.
- Réservez les visites de palais et les créneaux de musée pour les périodes chargées, et vérifiez les conditions de montée aux tours (Notre-Sauveur, Christiansborg).
- Payez par carte : le Danemark est quasiment sans espèces ; la carte sans contact fonctionne partout.
- Pensez à la monnaie locale : on paie en couronnes danoises (DKK), pas en euros.
- Depuis l’aéroport : le métro et le train relient Kastrup au centre en une quinzaine de minutes.
- Respectez les règles locales à Christiania (pas de photos dans certaines zones) et vérifiez les horaires saisonniers des bateaux et de Tivoli.
Quatre jours suffisent pour saisir l’équilibre qui fait le charme de Copenhague : une capitale historique, maritime et royale, mais aussi très contemporaine, conviviale et inventive.



