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Oslo en 4 jours : fjord, musées et architecture nordique

Oslo est une capitale à taille humaine, posée entre le fjord et la forêt. Cernée par la vaste forêt de Marka au nord et par les eaux de l’Oslofjord au sud, c’est l’une des capitales les plus vertes et les plus dynamiques d’Europe (elle a d’ailleurs été « Capitale verte européenne » en 2019). En quatre jours, on peut y mêler architecture contemporaine, histoire norvégienne, grands musées et escapade sur l’eau sans multiplier les trajets, à condition de regrouper les visites par secteur.

Le programme des quatre jours

  • Jour 1 : centre royal et civique — Karl Johans gate, Palais royal, Bibliothèque nationale, Hôtel de ville, Aker Brygge.
  • Jour 2 : forteresse d’Akershus, Bjørvika (Opéra et musée MUNCH) et parc de sculptures d’Ekeberg.
  • Jour 3 : presqu’île de Bygdøy (Fram, Kon-Tiki, Folkemuseum), parc Vigeland et Grünerløkka.
  • Jour 4 : tremplin de Holmenkollen et le fjord — îles proches ou excursion à Oscarsborg.

Mon conseil : pensez le fjord comme un prolongement de la ville. Les ferries publics Ruter, inclus dans un simple ticket de transport ou l’Oslo Pass, font déjà partie de la visite : gardez du temps pour au moins une traversée, vers Bygdøy ou vers les îles.

Jour 1 : le centre royal et civique

Commencez par Karl Johans gate, l’axe qui relie la gare centrale au Palais royal. Vous passerez devant le Parlement (Stortinget), la cathédrale d’Oslo (Domkirke) et le Théâtre national avant de remonter la grande avenue. Oslo est traditionnellement fondée vers 1049 par le roi Harald Hardrada ; après le grand incendie de 1624, elle est reconstruite plus à l’ouest, au pied de la forteresse d’Akershus, et prend le nom de Christiania avant de redevenir Oslo en 1925.

Au sommet de l’avenue, le Palais royal (Det kongelige slott) domine la colline de Bellevue. Il a été construit entre 1825 et 1849 pour le roi Charles III Jean — le maréchal français Bernadotte, devenu roi de Norvège et de Suède sous le nom de Karl Johan — sur des plans de l’architecte Hans Linstow. Néoclassique, l’édifice compte 173 pièces ; devant lui se dresse la grande statue équestre de Karl Johan. Le parc du Palais (Slottsparken), sans grille, est ouvert à tous ; l’intérieur ne se visite qu’en été, sur réservation. Ne manquez pas la relève de la garde, tous les jours à 13h30 : les soldats quittent Akershus une demi-heure plus tôt et défilent jusqu’au Palais.

Petit zoom historique : Oslo médiévale se trouvait plus à l’est, dans l’actuel quartier de Gamlebyen. Après l’incendie dévastateur de 1624, le roi Christian IV du Danemark-Norvège fait raser les ruines et rebâtir la ville sur un plan en damier, à l’abri des canons d’Akershus. Elle portera le nom de Christiania (puis Kristiania) pendant trois siècles, jusqu’à son retour à « Oslo » le 1ᵉʳ janvier 1925.

Bibliothèque nationale et Hôtel de ville

À l’ouest, du côté de Solli plass, la Bibliothèque nationale (Nasjonalbiblioteket) occupe un bâtiment inauguré en 1914. Elle conserve la mémoire écrite du pays : tout ce qui est publié en Norvège y est déposé, aux côtés de manuscrits précieux (dont ceux d’Ibsen), de photographies, de cartes et de films. L’entrée est libre, ses expositions temporaires sont soignées et sa salle de lecture, majestueuse, vaut le coup d’œil.

Redescendez ensuite vers le port, à Pipervika, pour l’Hôtel de ville (Rådhuset), reconnaissable à ses deux tours de brique rouge. Conçu par les architectes Arnstein Arneberg et Magnus Poulsson, commencé en 1931, interrompu par la Seconde Guerre mondiale, il fut inauguré en 1950 pour les 900 ans de la ville. Derrière sa façade austère se cache un intérieur spectaculaire, couvert d’immenses fresques d’artistes norvégiens racontant l’histoire du pays. L’entrée est gratuite. C’est ici que se tient chaque 10 décembre la cérémonie du prix Nobel de la paix — le seul des prix Nobel remis à Oslo et non à Stockholm.

Terminez la journée sur le front de mer, à Aker Brygge et Tjuvholmen : anciens chantiers navals devenus quartier animé de restaurants, de terrasses et de galeries, parfaits au coucher du soleil.

Jour 2 : Akershus, Bjørvika et le parc d’Ekeberg

Commencez par la forteresse d’Akershus. Ses premières fortifications remontent à la fin du XIIIe siècle, sous le roi Håkon V, vers 1299. Château fort médiéval, puis résidence royale et prison, elle n’a jamais été prise d’assaut par un ennemi étranger. Ses remparts racontent plusieurs siècles d’histoire politique et militaire — le Musée de la Résistance norvégienne, sur place, revient sur les années 1940-1945 — et offrent une vue superbe sur le port et le fjord.

Rejoignez ensuite Bjørvika, le nouveau visage d’Oslo. Le toit incliné de l’Opéra, tout en marbre blanc, invite à marcher jusqu’au bord de l’eau ; juste à côté, les tours du quartier Barcode dessinent une skyline résolument contemporaine. C’est là que se dresse le musée MUNCH, cœur culturel de la journée.

Le musée MUNCH en détail : inauguré le 22 octobre 2021 en front de mer, à côté de l’Opéra, le nouveau musée remplace l’ancien bâtiment de Tøyen (1963), devenu vétuste. Signée du cabinet madrilène Estudio Herreros, sa tour de treize étages et 60 mètres de haut, légèrement penchée vers le fjord, est surnommée « Lambda » — et son architecture a beaucoup fait débat. À l’intérieur, la plus grande collection d’Edvard Munch au monde : plus de 26 000 œuvres léguées par l’artiste à la ville d’Oslo à sa mort, en 1944. Une salle entière est consacrée au Cri, dont le musée possède plusieurs versions, aux côtés d’œuvres majeures comme La Madone, Vampire ou les toiles monumentales du Soleil. Comptez deux à trois heures, réservez en ligne, et montez au restaurant du dernier étage pour la vue sur la ville et le fjord.

L’après-midi, traversez vers la colline d’Ekeberg, à l’est, pour le parc de sculptures d’Ekebergparken. Inauguré le 26 septembre 2013 à l’initiative du collectionneur Christian Ringnes, ce parc boisé — gratuit et ouvert en permanence — dissémine plus de quarante œuvres à travers la forêt, signées Dalí, Rodin, Maillol, Vigeland, Louise Bourgeois, Marina Abramović ou James Turrell. On le parcourt comme une chasse au trésor, entre clairières et points de vue. Prévoyez de bonnes chaussures : les sentiers sont parfois raides.

Le lien avec Le Cri : c’est depuis les hauteurs d’Ekeberg qu’Edvard Munch a ressenti, un soir de ciel rougeoyant au-dessus du fjord, « un grand cri infini traversant la nature ». Le parc a matérialisé l’endroit exact par un « Munch Spot » — un cadre installé face au panorama qui a inspiré le tableau. Au coucher du soleil, la ressemblance avec l’arrière-plan de l’œuvre est saisissante.

Jour 3 : Bygdøy, Vigeland et Grünerløkka

Consacrez la matinée à la péninsule de Bygdøy, accessible par bus ou, selon la saison, par bateau depuis le centre. Le Fram Museum est le choix prioritaire : on y monte à bord du Fram lui-même, le navire des grandes expéditions polaires norvégiennes de Nansen et d’Amundsen — celui-là même qui accompagna la conquête du pôle Sud en 1911. Le Kon-Tiki Museum, consacré au radeau de balsa de Thor Heyerdahl et à sa traversée du Pacifique en 1947, complète très bien la visite.

Ajoutez, si le rythme le permet, le Norsk Folkemuseum. Ce musée de plein air réunit des bâtiments historiques venus de toute la Norvège — dont une superbe église en bois debout (stavkirke) — et donne un aperçu très concret de l’habitat et de la vie quotidienne d’autrefois.

Bon à savoir : le célèbre musée des Navires vikings de Bygdøy est fermé pour reconstruction et doit rouvrir sous le nom de Musée de l’âge viking (ouverture annoncée vers 2027). Vérifiez son statut avant de vous déplacer si c’est un incontournable pour vous.

L’après-midi, rejoignez le parc de sculptures de Vigeland (Frognerparken). Les plus de deux cents sculptures de Gustav Vigeland, façonnées entre les années 1920 et 1940, en font le plus grand parc au monde consacré à un seul sculpteur ; le Monolithe, colonne de granit couverte de corps entrelacés, en est le point le plus spectaculaire, tandis que le petit « Sinnataggen » (le garçon en colère) est devenu une icône de la ville. L’accès est libre. Poursuivez vers Grünerløkka, ancien quartier ouvrier bordant la rivière Akerselva, devenu l’un des plus créatifs d’Oslo, avec ses cafés, ses friperies et ses petites galeries.

Jour 4 : Holmenkollen et le fjord

Le matin, prenez la ligne 1 du métro vers les hauteurs boisées d’Holmenkollen, à une trentaine de minutes du centre. Le tremplin de saut à ski (Holmenkollbakken) y accueille des compétitions depuis 1892 : c’est l’un des plus anciens du monde. Entièrement reconstruit en acier en 2010 pour les Championnats du monde de ski nordique 2011, il a aussi été le théâtre des Jeux olympiques d’hiver de 1952. Chaque mois de mars, le festival de ski d’Holmenkollen y attire des dizaines de milliers de spectateurs — les Norvégiens le surnomment leur « seconde fête nationale ».

Au pied du tremplin, le musée du Ski (Skimuseet), fondé en 1923, est le plus ancien musée du ski au monde : il retrace 4 000 ans d’histoire du ski et présente le matériel des expéditions polaires de Nansen et d’Amundsen. De là, un ascenseur mène au sommet de la tour de saut, d’où le panorama sur Oslo, la forêt et le fjord est l’un des plus beaux de la capitale.

Pour l’après-midi, place au fjord. L’Oslofjord intérieur compte une quarantaine d’îles, dont cinq sont desservies toute l’année par le ferry Ruter B1 au départ d’Aker Brygge : Hovedøya, Lindøya, Gressholmen, Bleikøya et Nakholmen. Quelques minutes de traversée suffisent, et le billet est le même qu’un ticket de bus. La plus belle, Hovedøya, mêle plages, rochers, anciennes installations militaires et surtout les ruines d’un monastère cistercien fondé en 1147. En été, Langøyene ajoute une plage et un camping gratuit.

Autre option, chargée d’histoire — Oscarsborg : à une heure au sud d’Oslo, la forteresse d’Oscarsborg occupe une petite île au point le plus étroit du fjord, face à la jolie ville de Drøbak. Construite au milieu du XIXe siècle, elle a écrit l’une des pages les plus célèbres de l’histoire norvégienne. Au petit matin du 9 avril 1940, sous le commandement du colonel Birger Eriksen, ses canons et surtout sa batterie de torpilles secrète coulèrent le croiseur allemand Blücher, fer de lance de l’invasion. Ce coup d’arrêt retarda de plusieurs heures la prise d’Oslo et permit au roi, au gouvernement, au Parlement et aux réserves d’or du pays de fuir la capitale. On rejoint l’île en ferry depuis Drøbak ; l’épave du Blücher repose toujours au fond du fjord.

Conseils pratiques pour quatre jours à Oslo

  • Privilégiez les transports Ruter pour combiner métro, tram, bus et ferries avec un seul titre ; l’Oslo Pass ajoute l’entrée de nombreux musées.
  • Réservez en ligne les sites les plus courus, en particulier le musée MUNCH, surtout de juin à août.
  • Regroupez les visites par secteur : les musées de Bygdøy sur une même demi-journée, Bjørvika et Ekeberg ensemble, Holmenkollen avec la sortie fjord.
  • Emportez de bonnes chaussures et une couche imperméable, même en été : les sentiers d’Ekeberg et d’Holmenkollen grimpent, et le vent est frais sur l’eau.
  • Vérifiez les horaires saisonniers des bateaux (îles, Bygdøy, Drøbak) avant de construire votre journée fjord.
  • Payez par carte : la Norvège est quasiment sans espèces, la carte sans contact fonctionne partout.
  • Pensez à la monnaie locale : on paie en couronnes norvégiennes (NOK), pas en euros.
  • Depuis l’aéroport : le train express Flytoget relie Gardermoen au centre en une vingtaine de minutes.
  • Choisissez la bonne saison : de mai à septembre pour les longues journées et les ferries à plein régime ; l’hiver, plus court et froid, réserve d’autres ambiances.

Ce séjour de quatre jours montre un visage très complet d’Oslo : ville royale et civique, capitale culturelle et contemporaine, terre d’aventures polaires et porte d’entrée vers le fjord. Quatre facettes d’une même ville, toujours reliées par l’eau et la nature.